Accueil des gens du voyage en Wallonie

Sur proposition de Maxime PREVOT, Ministre wallon de l’Action sociale, le Gouvernement wallon a adopté en 1ère lecture l’avant-projet de décret organisant l’accueil des Gens du voyage en Wallonie.

Les migrations des Gens du voyage sont une réalité depuis des décennies qu’il convient d’appréhender avec respect, justesse et sans stigmatisation.

Or, les réactions de défiance, au mieux, et de rejet, souvent, sont régulières tant dans le chef des citoyens que des autorités publiques. Il revient pourtant aux responsables politiques de montrer la voie à suivre pour permettre une cohabitation harmonieuse entre les habitants et les citoyens de passage l’espace d’un moment sur une commune.

La politique régionale menée jusqu’à présent en la matière s’est fondée sur l’incitation à la responsabilité, appelant les communes à s’inscrire dans un processus volontaire de création d’aires d’accueil, plus ou moins équipées. A ce jour, seulement une dizaine de communes disposent d’un terrain d’accueil régulier, à savoir deux communes (Namur et Ath) qui proposent une aire équipée d’infrastructures permanentes avec des sanitaires, l’électricité, un revêtement stabilisé, … et neuf autres communes (Amay, Bastogne, Charleroi, Hotton, Mons, Ottignies, Sambreville, Wasseiges et Verviers) qui mettent ou mettront à disposition prochainement une aire temporaire. C'est insuffisant pour répondre aux réalités de terrain.

Pour Maxime PREVOT, l’accueil et le séjour des Gens du voyage doit par conséquent s’organiser désormais de manière plus structurée sur l’ensemble de la Wallonie et non plus seulement en fonction du bon vouloir de quelques édiles locaux. En effet, que ce mode de vie soit apprécié ou pas, que l'on appréhende ou pas leur présence sur nos territoires, il convient d'être réaliste et pragmatique pour assurer au mieux ces cohabitations temporaires avec respect, dignité, mais sans angélisme également. On ne peut plus se satisfaire d'une approche fondée uniquement sur le bon vouloir, et encore moins pratiquer la politique de l'autruche. La cohabitation se passe d'ailleurs de manière harmonieuse quand les pouvoirs publics montrent qu'ils gèrent les situations plutôt que les subir.

Ce jeudi 15 juin, le Ministre Maxime PREVOT a donc déposé un décret au Gouvernement wallon qui permettra :

  • de procurer un accompagnement, notamment social et sanitaire, plus approprié qui favorisera leur intégration ;
  • d’offrir l’opportunité aux autorités locales de mieux encadrer leur présence sur leur territoire et de garantir une plus large solidarité territoriale à l’échelle de la Wallonie, la part de « l’effort d’accueil » étant partagée ;
  • de réduire par conséquent les risques d’implantations sauvages de groupes dans des lieux inappropriés, sources de tensions locales multiples, dès lors que des aires adéquates auront été créées en plus grand nombre.

Concrètement, la réforme vise à assurer un accueil des Gens du voyage, concerté et de qualité, organisé par les provinces wallonnes en  collaboration avec les communes.

La création et la gestion de pareilles aires d'accueil entrent parfaitement dans les préoccupations de supra-communalité souvent revendiquées par les provinces pour démontrer leur plus-value. Elles apparaissaient donc comme l'interlocuteur le plus approprié pour la mise en oeuvre de cette politique aux effets supra-locaux.

Au total, chaque province devra à l'avenir proposer au minimum une aire aménagée et trois aires temporaires, ces dernières devant au moins permettre l’accès à l’eau, à l’électricité, aux sanitaires et organiser le ramassage des immondices.

Il a été décidé de privilégier la création d'au moins quatre terrains d'accueil (dont au minimum un totalement équipé) calculés sous la forme d'équivalents-terrains semaines, afin de laisser la possibilité d’en créer davantage (meilleure répartition territoriale) et de permettre, de ce fait, des rotations d’occupation des aires. Ainsi, chaque terrain devant être disponible durant 8 mois, cela équivaut donc à un équivalent de disponibilité de 4 (terrains) x 35 (semaines) soit 140 semaines à organiser sur le territoire provincial. En effet, dans certaines provinces, des Bourgmestres sont enclins à accueillir dans leur commune des groupes de Gens du voyage durant une période limitée de quelques semaines et seraient par contre plus réfractaires à devoir transformer ces mêmes terrains en lieux d’accueil permanents. Un terrain mis à disposition 4 ou 6 semaines par an pourra ainsi être pris en considération.

Cette obligation prendra cours fin 2020, laissant ainsi trois ans et demi aux élus provinciaux (tenant compte de l'éventualité d'un changement de Collège provincial en octobre 2018) pour se mettre en conformité avec le décret ; avec la mise en œuvre du terrain équipé pour fin 2021 au plus tard.

Des subventions (taux de 90% de couverture) seront octroyées en vue de l’acquisition, de l’aménagement, de l’accessibilité et de l’extension de terrains au bénéfice des pouvoirs publics locaux. Le Gouvernement financera également auprès de chacune des provinces un équivalent temps-plein coordinateur-médiateur des Gens du voyage afin que ce dernier joue un rôle de référent et facilitateur pour les autorités provinciales et communales.

A défaut d’avoir appliqué ces obligations, les provinces concernées seront sanctionnées financièrement. La sanction consistera en la privation, dans le chef des provinces, de la possibilité de solliciter un programme triennal en matière de travaux subsidiés et en une diminution de leur dotation du Fonds des provinces à concurrence de 10.000 € par semaine de disponibilité manquante pour les aspects « répartition territoriale » et 80 000 € par an pour l’exigence des aires aménagées. Les provinces qui rencontrent ces obligations percevront, quant à elles, un complément de leur dotation en fonction du montant non attribué aux provinces sanctionnées.

Enfin, afin d’informer au mieux l’ensemble des acteurs, le « Centre de Médiation des Gens du Voyage et des Roms » en Wallonie sera chargé par le Ministre Maxime PREVOT de poursuivre et d’accroître ses missions d’intégration, de médiation, de communication et de propositions aux pouvoirs politiques. Pour se faire, un agrément et une subvention annuelle de 132.000 € lui seront octroyés.

Pour le Ministre Maxime PREVOT, l’accueil des Gens du voyage est un défi majeur à relever. Il est à la croisée de valeurs humanistes, de vrais enjeux de cohabitation et d’une approche qui reste délicate car source de tensions et de nombreuses caricatures. Cette réforme permettra de tout mettre en œuvre pour les accueillir dignement et améliorer leur intégration en imposant une programmation territoriale d’aires par province qui leur seront consacrées.

 

 

Les Gens du voyage en Wallonie

 

Le « Centre de Médiation des Gens du Voyage et des Roms » en Wallonie (CMGV), a mis en évidence les caractéristiques du séjour des Gens du voyage en Wallonie.

 

Au total, ce sont environ 7.000 personnes qui transitent chaque année pour quelques semaines sur le territoire wallon.

 

Les Gens du voyage séjournent le long de grands axes :

 

Ø  la dorsale wallonne : de Mons à Verviers en passant par Namur, Huy et Liège ;

Ø  l’axe Bruxelles-Arlon autour des communes limitrophes de la N4 ;

Ø  l’axe des pèlerinages Beauraing-Banneux, surtout durant l’été ;

Ø  le sud de Bruxelles : le Brabant wallon et le Nord du Hainaut.

 

90% des demandes de séjour des Gens du voyage concernent la période du 1er mars au 31 octobre, sauf exception (rassemblement, pèlerinages, conventions, …).

 

Dans 82% des cas, les groupes de Gens du voyage sont composés de 30 caravanes au maximum soit une centaine de personnes maximum

 

La durée du séjour sur place varie de 15 à 21 jours.

 

 

Pour info, la création de telles aires d'accueil est une obligation légale en France pour toute les communes de plus de 5.000 habitants.

 

 

Contact Presse :
Audrey JACQUIEZ – Porte-parole du Ministre Maxime PREVOT – 0497/161.861